Henri Mouhot, sur les traces de sa dernière aventure au Laos

Updated: Oct 26

Charly et Vasanath ont décidé d’aller rendre visite à Henri Mouhot sur sa sépulture (cénotaphe ou tombe, le sujet est abordé dans l'article) à Luang Prabang pour explorer ce trésor caché et préservé par la ville de Montbéliard depuis 1990.


Le monument est situé à seulement 8km du centre ville, sur une route de campagne se dirigeant vers le sud-est de Luang Prabang. On le trouve dans une petite forêt encore sauvage et à l'image de l'aventurier. Une statue de Auguste Pavie (ce n'est pas la statue d'Henri Mouhot comme beaucoup de personnes peuvent le penser) y a été installée dans les années 2000 ainsi qu'une statue d'un éléphant en rappel à la caravane d'éléphants qui accompagnait Henri Mouhot durant sa dernière expédition. Lors de la visite des lieux, nous avons eu un ressenti étrange. L'ambiance chaleureuse et accueillante nous portait à croire qu'il y avait encore de la vie dans cet endroit si particulier.




Nous avons pensé utile de consacrer un article à Henri Mouhot, car vous êtes nombreux à nous demander, lors de la création de votre voyage sur mesure, d'aller lui rendre visite.


Nous vous laissons apprécier les photos ainsi que l'article que notre équipe à pris plaisir à rédiger pour vous.


Bonne lecture !



En quelques mots, qui est Henri Mouhot ?


Henri Mouhot est né à Montbéliard en 1826. Il est considéré comme l’un des plus grands explorateurs français de son époque. Dès son plus jeune âge, il prend goût aux voyages lointains et, à 18 ans, il décide de partir pour Saint-Pétersbourg afin d'enseigner pendant 10 ans le Français à l'académie Militaire. Suite à la guerre de Crimée, il décide de revenir en France où il épouse une Anglaise qui se trouve être la nièce de Munfo Park le célèbre explorateur britannique. On constate que dans cette moitié du 19èmè siècle, les Français commencent à se passionner pour les explorations de l'Indochine. C'est donc tout naturellement que Henri Mouhot se tourne vers l'Asie du Sud-Est.




Premier voyage au "Royaume de Siam" du 27 avril 1858 au 23 décembre 1858.


Quelques extraits et récits provenant de son carnet de voyage:


« Le 27 avril 1858, je m’embarquai à Londres sur un navire à voiles de très modeste apparence, pour mettre à exécution le projet que je mûrissais depuis quelque temps, celui d’explorer les royaumes de Siam, de Cambodge et de Laos et les tribus qui occupent le bassin du grand fleuve Mékong… ».


Le 12 septembre il décide donc d'embarquer pour Bangkok, pour 4 mois de navigation sur les eaux troubles afin d'y commencer son aventure. Il sera accueilli très chaleureusement par le roi de l'époque qui lui donne son autorisation et sa bénédiction afin d'explorer le pays dans ses moindres recoins. Henri Mouhot fut l'un des premiers occidentaux à côtoyer les habitants de ce pays. Il eut ainsi l'opportunité de se familiariser avec les populations locales et leurs us et coutumes, ainsi que de parfaire ses connaissances sur la faune et la flore asiatiques.




En route vers le Royaume du Cambodge du 23 décembre 1858 au 4 avril 1859


Après quelques mois au royaume du Siam, Henri Mouhot se rend compte que l'influence britannique y est déjà bien présente, et il décide d'aller explorer le royaume voisin du Cambodge. Il part donc avec une simple barque de pêcheur et arrive sur le rivage cambodgien à Kampot. Dès son arrivée dans le port, il rencontre le roi qui, par chance, était en visite dans le sud du pays. Le roi prend ainsi note des intentions d'Henri et lui promet toute l'assistance nécessaire durant son séjour.


Il prend alors la route vers l'ouest du pays attiré par une rumeur selon laquelle s'y trouverait un immense palais oublié, perdu en pleine jungle, qui aurait pu, jadis, servir de capitale. Il décide donc de remonter le grand lac de Tonlé-Sap et, après trois jours de marche dans la brousse, c'est soudain le choc !


* Citations de son carnet de voyage:


« Vers le 14ème degré de latitude et le 102ème de longitude à l’orient de Paris, se trouvent des ruines si imposantes, fruit d’un travail tellement prodigieux, qu’à leur aspect, on est saisi de la plus profonde admiration et que l’on se demande ce qu’est devenu le peuple puissant, civilisé et éclairé, auquel on pourrait attribuer ces œuvres gigantesques… L’un de ces temples figurerait avec honneur à coté de nos plus belles basiliques : il l’emporte pour le grandiose sur tout ce que l’art des Grecs et des Romains a jamais édifié …Un travail de géants !… Travaux prodigieux dont la vue seule peut donner une juste idée, et dans lesquels la patience, la force et le génie de l’homme semblent s’être surpassés afin de confondre l’imagination… Mais quel Michel-Ange de l’Orient a pu concevoir une pareille œuvre ? … »


Suite à quoi il se met à inventorier le monument à le représenter sous toutes ses formes afin de rendre ses travaux visibles depuis l'Europe.


Peut-on dire qu'Henri Mouhot est l'un des premiers occidentaux à découvrir la cité d'Angkor ? Avec grande conviction, nous pouvons l'affirmer !





En route vers le Nord-Laos et découverte de Luang-Prabang (12 avril – 10 novembre 1861)

Après avoir découvert la cité d'Angkor il décide de revenir à Bangkok afin de préparer son autre grand projet, la découverte du Nord-Laos.


Après six semaines de navigation sur le Mékong il arrive à Paklay, le 24 juin 1861, puis il décide de partir pour Luang Prabang à dos d'éléphant en empruntant la piste de Paklay-Thadeua. Une fois arrivé au royaume, il est pris d'un sentiment d'enthousiasme, il tombe littéralement amoureux de cette "petite ville" (il évalue à l'époque la population à sept-mille habitants). Il la qualifie même de "petit paradis" dans son carnet de voyage. Il est accueilli tout naturellement par le roi de Luang Prabang à qui il explique sa volonté de découvrir les vallées de la Nam Khan et de la Nam Ou (découvrez notre croisière sur la Nam Ou).




Source ambassade de France au Laos.



La fin d’Henri Mouhot arriva malheureusement trop vite. Ses derniers récits racontent que l'aventurier était pris des premiers symptômes et maux de tête, liés aux maladies dont bon nombre de ses compagnons d'aventures périrent durant son expédition. Dans ces régions du Nord-Laos, et principalement durant la saison des pluies, la dengue, le paludisme, le typhus de brousse et autres fièvres encore inconnues du monde savant, resurgissent immanquablement chaque année.


Le 15 octobre, du fait des symptômes de plus en plus forts, il décide de revenir au plus vite avec l'intégrité de sa caravane d'éléphants vers Luang Prabang. C'est le 19 octobre, alors sur le chemin du retour qu'il écrit ces mots : « je suis atteint de la fièvre ». Ses derniers mots furent rédigés autour du 29 octobre ou il écrit ces dernières lignes « Ayez pitié de moi, ô mon Dieu !… ». Par la suite, le 7 novembre, son état s'aggrave. Il tombe dans un état comateux et décède quelques jours plus tard, le 10 novembre 1861 à l'âge de 35 ans d'une fièvre jaune, à seulement 45min de pirogue de Luang Prabang par la rivière Nam Khan.


Il fut inhumé proche du lieu de sa mort, près du village de Ban Phanom.





Cénotaphe (tombe vide commémorative) ou tombe, comment appeler ce monument?


Certains experts soutiennent qu'entre 1861 et 1866, il est probable que le corps de l'explorateur ait été emporté par une crue de la rivière Nam Khan.


De ce fait, nous ne sommes pas en mesure de répondre officiellement à la question de l'appellation à donner au monument funéraire: "est-ce une tombe avec bel et bien la dépouille de l'explorateur ou bien un cénotaphe? Car le corps n'est peut-être plus là ou pas à l'endroit du monument".



Un peu d'histoire:

Récits: Histoire de la sépulture d'Henri Mouhot et de son monument funéraire - Jean-Michel STROBINO


En 1863, avec le soutien de l’empereur Napoléon III, le ministre de la Marine de l’époque charge le gouverneur de Cochinchine, l’amiral de La Grandière (1807-1876), d’organiser une expédition le long du Mékong. Cette mission, baptisée Commission d’Exploration du Mékong, devra procéder à une reconnaissance systématique du fleuve Mékong en empruntant au plus près l’itinéraire suivi par Henri

Mouhot. Puis elle tentera de dépasser le dernier point atteint par celui-ci et continuera aussi loin que possible l’exploration du fleuve et des pays traversés. Le commandement de cette mission est confié au capitaine de frégate Ernest Doudart de Lagrée (1823-1868), secondé par le lieutenant de vaisseau Francis Garnier (1839-1873), le futur héros du Tonkin.


On notera que l’amiral de La Grandière préconise de construire un monument, preuve que dès 1866 on ne se fait plus guère d’illusions sur les chances de retrouver intact le tombeau d’origine et sa dépouille, tant les effets du temps et de la nature sont dévastateurs en ces contrées sauvages.



C'est en 1867, respectueux des consignes qu’il a reçues de l’amiral de La Grandière, que le commandant Doudart de Lagrée se charge de faire élever le monument à Mouhot. C’est à l’enseigne de vaisseau Louis Delaporte (1842-1925), artiste officiel et documentaliste de l’expédition, qu’il confie le soin de le réaliser et d’en superviser les travaux.


Le roi en personne accepte d’aider ses hôtes français en mettant à leur disposition la main d’œuvre et les matériaux de construction nécessaires :


« Le corps de Mouhot avait été inhumé à huit kilomètres de Luang‐Prabang, sur les bords de la Nam‐Khan, auprès du village de Naphao. J’ai demandé l’autorisation d’élever sur sa tombe un modeste monument qui attestât notre hommage et conservât sa mémoire dans le pays. Le roi a accédé à ce désir avec le plus bienveillant empressement et a voulu fournir tous les matériaux du monument. J’ai chargé M. Delaporte de faire exécuter ce travail qui consiste en un massif de maçonnerie en briques de 1m80 de longueur, de 1m10 de hauteur et de 0m80 de largeur. Une pierre encadrée sur l’une des faces du monument porte le nom de Henri Mouhot et la date : 1867.




Tentative de fouilles du site pour retrouver la dépouille.


C'est ainsi que Louis Delaporte (1842-1925), après de longues recherches pour retrouver le tombeau enseveli sous une jungle épaisse, se rendait sur place afin de le reconstruire. Avant de procéder, il souhaita fouiller le site pour tenter de retrouver la dépouille pour savoir où se trouvaient les restes de son compatriote et ainsi reconstruire le monument à l'endroit voulu. Mais les villageois s'y sont opposés considérant qu’une exhumation ferait offense à l’âme du défunt.


Le monument fut bel et bien reconstruit et inauguré le 10 mai 1867 mais sans la certitude de savoir si la dépouille était bien là et/ou bien à l'endroit précis de la reconstruction.


"Delaporte est contraint d’y renoncer, laissant à jamais planer le mystère sur la présence

et la localisation exacte des restes de l’explorateur."


C'est 20 ans plus tard, en 1887, que le désigné vice-consul représentant les intérêts de la France, Auguste Pavie (1847-1925), autre explorateur tombé sous le charme de Luang Prabang, fit une première visite de constatation de l'état de la tombe. C'est lors de sa seconde visite en 1890 qu'il procède à une nouvelle reconstruction complète du monument.


L'histoire d'Henri Mouhot restera ancrée dans la mémoire de tous ceux qui s'y sont intéressés et qui s'y intéressent encore. Depuis 1890 jusqu'à nos jours, la sépulture a vécu de nombreuses aventures et remises en état.... Elle bénéficie dorénavant d'un entretien permanent et reste un lieu de commémoration agréable à visiter pour tous ceux qui souhaitent rendre hommage au premier explorateur français qui a découvert Luang Prabang.




Il nous tenait à cœur, au sein de l'équipe d'ORLA TOURS, de rendre cette visite à la sépulture de l’un de nos illustres compatriotes, afin d'honorer sa mémoire et aussi de saluer son travail et ses découvertes.

Vous aussi partez à la découverte du Laos en contactant Phasouk, Charly ou Vasanath vos experts de voyage sur mesure basés à Luang Prabang.



Vidéo ludique de notre arrivée sur les lieux pour rendre hommage à Henri Mouhot



Pour ceux qui, comme nous, ont le désir d'en savoir plus sur ses aventures et de pouvoir lire son carnet de voyage en totalité, voici le lien de la version originale en Ebook.






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